Surévaluer son entreprise au départ
C'est l'erreur la plus répandue et, paradoxalement, l'une des plus coûteuses. Un dirigeant qui affiche un prix trop élevé par rapport aux multiples de marché décourage les acheteurs sérieux dès la mise en vente. Le dossier vieillit, perd de sa fraîcheur, et quand le prix est finalement revu à la baisse, les acheteurs qui reviennent savent qu'ils sont en position de force.
Une valorisation réaliste dès le départ attire plus d'acheteurs, crée plus de compétition, et conduit souvent à un prix final plus élevé qu'un prix de départ gonflé qui doit être corrigé en cours de route.
Négocier avec un seul acheteur
Traiter en exclusivité avec 1 acheteur dès le départ, sans processus compétitif, revient à renoncer à son principal levier de négociation. La concurrence entre acheteurs est ce qui fait monter les prix et améliore les conditions. Sans elle, l'acheteur unique sait qu'il n'a pas de concurrent et négocie en conséquence.
Commencer la due diligence sans être prêt
Un cédant qui ouvre la data room avec des documents manquants, des comptes incomplets ou des contrats introuvables envoie un signal négatif à l'acheteur et à ses auditeurs. La due diligence s'allonge, les questions s'accumulent, et la méfiance s'installe. Préparer sa data room 6 mois à l'avance évite ce scénario.
Négliger la fiscalité avant la signature
La structure fiscale de la cession doit être définie avant la signature du protocole. Une fois signé, il est trop tard pour mettre en place un apport-cession, pour vérifier l'éligibilité à l'abattement retraite, ou pour restructurer l'actionnariat. Les dirigeants qui découvrent ces sujets après le closing paient systématiquement plus qu'ils n'auraient dû.
Mal gérer la confidentialité
Une information qui fuite avant la cession (vers les salariés, les clients, les fournisseurs, les concurrents) peut déstabiliser l'entreprise, faire fuir des clients ou des collaborateurs clés, et fragiliser la valorisation au moment précis où elle doit être défendue. La confidentialité doit être gérée rigoureusement du 1er contact avec un acheteur jusqu'au closing.
Signer une LOI sans la faire relire
La lettre d'intention n'est pas contraignante sur le prix, mais elle l'est sur l'exclusivité et la confidentialité. Des cédants signent des LOI avec des clauses d'exclusivité de 6 mois, des conditions suspensives très larges, ou des paramètres de GAP défavorables qui ne pourront plus être renégociés. Faire relire la LOI par un avocat avant de la signer coûte quelques centaines d'euros et peut éviter des mois de blocage.
Rester seul pendant tout le processus
Un cédant qui gère seul une cession face à un acheteur accompagné d'un conseil M&A, d'un avocat, et d'un auditeur est structurellement en position de faiblesse. Il manque d'expérience du processus, de recul sur les pratiques de marché, et de temps pour gérer simultanément la cession et son entreprise. Se faire accompagner d'un conseil M&A et d'un avocat spécialisé n'est pas un luxe : c'est une condition pour négocier à armes égales.
Sous-estimer l'après-cession
La cession ne s'arrête pas au closing. La GAP engage le cédant pendant 2 à 3 ans. Le crédit vendeur, s'il y en a un, l'expose aux résultats futurs de l'entreprise. La période d'accompagnement, si elle a été négociée, demande du temps et de l'énergie. Un cédant qui n'a pas anticipé ces engagements post-cession peut se retrouver dans des situations complexes alors qu'il pensait avoir tourné la page.
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